Val de Nauze

Où sont passées les fêtes d'antan.

SAGELAT

 

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Pour envisager une fête de village, il faut, aussi, tenir compte des paramètres de sécurité. Photo Pierre Fabre.

 

 

Les fêtes de village remontent à la nuit des temps. Ces fêtes étaient les fêtes patronales car elles se calaient sur la date du patron de la paroisse : Saint Jean-Baptiste pour Monplaisant, ou Saint Barthélémy pour Sagelat. On disait aussi fête votive, car leur date avait été choisie par un vote. Ces festivités, dans les villages, avaient une résonance plus ou moins forte. Elle n'était pas forcément liée seulement à l'importance de la localité. Les premières, à la mi-janvier, à Saint Vincent-de-Cosse, au début février, à La Chapelle-Péchaud, affrontant l'hiver, avaient un impact certain, surtout s'il faisait beau. Les occurrences calendaires privilégiées de Pâques, à Siorac, ou du 15 août à Beynac, faisaient qu'il y avait inévitablement foule pour ces festivités-là.

 

Les fêtes de village, souvent, se limitaient à un bal populaire et à des feux d'artifice qui, un peu avant minuit, annonçaient la fin des réjouissances. Quelques animations comme la course en sac, le rampeau, ou le mât de cocagne donnaient un côté ludique à ces réjouissances. Ce qui amusait le plus le public, c'était les courses aux ânes qui avaient un franc succès. À la Libération, un garçon de Fongauffier avait bien préparé l'équidé de son père et l'avait abondamment nourri afin d'obtenir le premier prix. À l'époque, sur la R.N 710, la circulation était bien limitée et les organisateurs avaient prévu  que ce raid "asinique" devait parcourir quelques hectomètres vers Vaurez. Pompon, qui était l'âne pressenti pour la victoire, ne voulut absolument pas admettre le parcours imposé à ses alter-ego et, lui, voulait filer vers Siorac : ce qui, naturellement, provoqua l'hilarité générale et fit enrager le maître du quadrupède rebelle.

 

Anes de Deltreil. 004.JPG

 

 

Les ânes de Bugou. Quand les humains, par un stupide préjugé, assimilaient la bêtise à ces sympathiques et robustes équidés, combien étaient-ils dans l'erreur ! Les ânes, par ailleurs rémunérés de la plus parfaite ingratitude, ont tant apporté à la civilisation méditerranéenne! Photo Pierre Fabre.

 

Vaurez a été le micro-village où la course aux ânes, le 2 septembre 1962, fit venir plus d'un millier de personnes et de nombreux équipages avec, cerise sur le gâteau, la télévision qui s'invita. Il n'y avait qu'une chaîne à l'époque. Cette manifestation était portée par mes amis Daniel Dauriat et Raymond Ribette. Ils avaient respectivement 18 et 17 ans. Ils ont gravé dans ce hameau un souvenir aussi ponctuel que truculent. L'image du jour fut celle d'un âne qui refusa obstinément de traverser l'humble Grille, ru de quelques dizaines de centimètres de large ! 

Plus loin dans le temps, les fêtes de village ont accueilli les premiers manèges dont les chevaux de bois étaient les plus fascinants pour les enfants. D'autres ont suivi, dont les montagnes russes avec un tunnel qui autorisait de bien timides bisous d'adolescents.

Les plus belles fêtes ont connu de superbes défilés de chars qui s'inspiraient de thèmes figuratifs. Les sujets, souvent, mettaient en relief des scènes champêtres ; car, il faut bien l'admettre, c'était l'inspiration logique de nos authentiques ruraux. En 1955 ou 1956, modestement, mais avec brio, la toute petite fête de Vaurez pouvait s'enorgueillir de présenter un tout petit défilé de chars sur le thème de l'automne avec une scène de vendanges et de chasse.

 

On voulait aussi coller à l'actualité ; et, vers la fin des années 50, à Siorac les jeunes Sioracoises, en équilibre difficile sur leur plateau mobile, s'adonnaient au  hula-hoop.

 

La renaissance éphémère des fêtes fongauffiéraines a permis, entre autres, de voir une nocturne cycliste humoristique ; l'amputation, heureusement factice, à la tronçonneuse d'une jambe de notre inoubliable et regretté Paulo, sous ses hurlements et l'hilarité générale ; de superbes défilés de chars, la mise en valeur de vieux métiers et un mariage occitan. Le bicentenaire de la cloche sagelacoise, un plagiat de Thierry la Fronde et une simulation des "Premiers pas sur la lune", en 1969, ont eu un impact sur le public de l'époque. 

Les fêtes, autrefois, ne duraient qu'un jour, le dimanche. Les plus importantes, elles, débordaient de la veille au lendemain. Les lundis étaient souvent consacrés à la manifestation sportive cycliste. Dire que ces courses étaient un peu "pondérées", serait sans doute excessif. Les habitants du Coux aimaient voir triompher X Archambaud, un coureur de leur village, et à la dernière course cycliste de Fongauffier, le lundi 31 août 1953, ce fut sous les applaudissements nourris de ses voisins qu'Adrien -dit Georges- Estrade devança sur la ligne d'arrivée tous ses concurrents.

 



08/03/2016
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